La violence intérieure de l’adolescence, l’absurdité de la guerre, la révolte de la Commune font soudain s’épanouir, mieux vaudrait dire exploser, le plus singulier génie poétique que la France ait jamais connu, celui d ‘Arthur Rimbaud qui à seize ans, passe du climat enfantin de l’école et de l’école buissonnière à l’exaltation de l’aventure. Vagabond déjà, dans ses fugues vers Paris ou la Belgique, il vit ses poèmes où brille l’innocence d’un regard neuf sur le monde.

Le temps de sa liaison avec Verlaine sera pour lui le temps de la poésie : celui des espoirs les plus audacieux, celui aussi, pour finir, du désespoir. Une vie et un génie brulés en trois ans, et issue de ce feu, une œuvre brève-quelques centaines de pages-mais chargée d’une révolution spirituelle dont l’efficacité demeure inaltérable.

Georges-Emmanuel CLANCIER