On a donc, pour parler de lui, aucun document personnel. Rares sont les textes où il dit « je » : quelques préfaces, quelques placets ou remerciements, où il se met en scène, acteur, auteur et chef de troupe, faisant de son métier un personnage de théâtre, sans rien dire de sa vie privée.

Passage à la limite d’une situation due au genre littéraire qu’ilcultive tout le monde dit « je « et où personne ne parle en son nom propre.

Singulier paradoxe : Molière a écrit toute son œuvre à la première personne, mais toujours pour donner la parole à autrui. Il n’a pas fait de confidence. On ne peut le saisir qu’indirectement. A travers ce qu’ont dit ses contemporains, par exemple.

Roger Duchêne